Guide du regroupement familial en France : procédure & conditions
Regroupement familial France : conditions (séjour, SMIC, logement), démarches OFII/préfecture, délais (6 mois) et recours en cas de refus. Guide pour réunir sa famille.
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Guide du regroupement familial en France : procédure & conditions
Perdu face aux démarches administratives du regroupement familial France ? Ce guide complet décortique les conditions strictes et les étapes clés pour réunir votre conjoint et vos enfants mineurs en France. Découvrez les ressources exigées (SMIC brut pour 2-3 personnes, +10% par personne supplémentaire), les documents indispensables (actes d'état civil traduits, justificatifs de logement) et les erreurs à éviter (dossier incomplet, non-respect des délais). Évitez les pièges de la procédure, où 12 000 dossiers environ sont traités annuellement, et sécurisez votre demande grâce à des explications claires sur les exigences du maire, les 6 mois de délai de réponse préfectorale, et les recours possibles en cas de refus.
Comprendre le regroupement familial en France
Définition et cadre légal
Le regroupement familial permet à un étranger régulier en France depuis au moins 18 mois (avec un titre valide) de faire venir son conjoint majeur et ses enfants mineurs. Ce droit est encadré par le Chapitre IV du CESEDA (articles L434-1 à L434-12, depuis 2021), excluant polygamie et ascendants. Les ressources et un logement décent sont exigés.
Le regroupement familial est autorisé depuis 1945, mais son accès a été affirmé en 1978 par le Conseil d'État, consacrant le "droit à une vie familiale normale". En 2019, l'immigration familiale représentait 32,8 % des flux en France, avec 12 066 titres pour le regroupement strict (étrangers rejoignant d'autres étrangers). Le dispositif reste stable depuis 2015 (10 000-12 000 titres/an).
Les conditions d'éligibilité pour le demandeur
Pour bénéficier du regroupement familial en France, le demandeur doit remplir plusieurs conditions strictes.
Condition de séjour régulier en France
Le demandeur doit détenir un titre de séjour valide : carte de séjour temporaire (minimum 1 an), carte pluriannuelle ou carte de résident. Le séjour en France doit être ininterrompu depuis 18 mois avec un titre valide pendant cette période. Les Algériens justifient d'un séjour de 12 mois.
La polygamie est interdite : un étranger marié en France avec une première épouse ne peut demander le regroupement familial pour une seconde conjointe.
Conditions de ressources financières
Des ressources stables sur 12 mois sont exigées. Le seuil minimum varie :
2-3 personnes : environ 1 800€ mensuels (SMIC brut)
4-5 personnes : environ 1 980€
6+ personnes : environ 2 160€
Sont pris en compte : salaires, revenus immobiliers, pensions de retraite. Sont exclus : RSA, ASPA, AER. Aucune condition de ressources pour les bénéficiaires de l'AAH/Asi ou pour les personnes de plus de 65 ans résidant en France depuis 25 ans avec un mariage de 10 ans.
Conditions de logement décent
L'habitation du demandeur doit être salubre, équipée et d'une surface suffisante selon la zone géographique. Voici les exigences minimales en zones A bis/A :
Nombre de personnes
Ressources minimales (moyenne mensuelle)
Surface minimale du logement (Zones A bis et A)
2 ou 3
SMIC brut (1 801,80 €)
22 m²
4 ou 5
1 981,99 €
32 m² (22 m² + 10 m²)
6+ personnes
2 162,16 €
Respect des principes de la vie familiale en France
Le demandeur doit respecter les principes républicains : monogamie, égalité homme/femme, laïcité. La famille doit résider à l'étranger, sauf exceptions. Aucune menace à l'ordre public ne doit être décelée.
Le regroupement concerne l'époux majeur et les enfants mineurs.
Les membres de la famille concernés par le regroupement
Conjoint et enfants éligibles
Le conjoint doit être majeur (18 ans minimum) et légalement marié avec le demandeur. Les enfants mineurs (moins de 18 ans) sont éligibles, qu'ils proviennent du couple actuel ou d'union antérieure, sous réserve d'établir l'autorité parentale. Les actes de naissance ou décisions d'adoption doivent être fournis. L'âge est apprécié au jour du dépôt de la demande.
Le regroupement partiel est autorisé uniquement dans l'intérêt supérieur de l'enfant. Cela inclut la poursuite de scolarité à l'étranger, un traitement médical ou un logement insuffisant en France. Une lettre motivée justifiant cette dérogation est obligatoire.
Membres non éligibles
Les ascendants (parents, grands-parents) ne peuvent pas bénéficier du regroupement familial. Ils peuvent entrer en France sous statut de visiteur s'ils disposent de ressources suffisantes.
Les enfants majeurs, sauf inaptitude au travail en cas de handicap ou maladie, ne sont pas éligibles à cette procédure.
La procédure de demande détaillée : étapes et rôle de l'ofii
Le regroupement familial en France exige une procédure administrative rigoureuse. Voici les étapes clés et les erreurs à éviter pour maximiser ses chances de succès.
Dépôt du dossier de demande
La première étape est de remplir le Cerfa 11436*05, téléchargeable sur service-public.fr. Ce formulaire doit être envoyé à l’Ofii par courrier recommandé avec accusé de réception ou en ligne, sans cumuler les deux méthodes. Les pièces à joindre incluent :
Titre de séjour valide : copie recto-verso d’une carte de résident, de séjour pluriannuelle ou d’un récépissé de renouvellement.
Documents d’état civil : actes de mariage/naissance avec mentions marginales, jugements de divorce ou d’autorité parentale, autorisation de l’autre parent (traduits par un traducteur agréé ou certifiés par une autorité consulaire).
Lettre motivée pour un regroupement partiel, justifiant des raisons impératives comme la santé de l’enfant ou des contraintes de logement temporaire.
Preuves de ressources : avis d’imposition, contrats de travail, relevés bancaires (excluant RSA ou AAH). Pour les indépendants : dernier bilan d’activité ou attestation fiscale.
Justificatifs de logement : bail, factures d’énergie récentes, attestation d’hébergement Cerfa 11437 si le logement n’est pas encore disponible. La surface exigée varie selon la zone (ex : 22 m² pour 2 personnes en zones A bis/A, +10 m² par personne supplémentaire).
Rôle de l’ofii et examen du dossier
L’Ofii vérifie la complétude et la cohérence du dossier. Une attestation de dépôt est délivrée en cas de validité. Si des erreurs sont détectées, le dossier est retourné. 30 % des rejets proviennent de documents manquants ou de traductions non certifiées. L’Ofii peut aussi contrôler la concordance des ressources déclarées avec les justificatifs (ex : salaire vs bulletins de paie).
Instruction par le maire
Le maire valide les ressources et le logement, avec possibilité de visite sur place. Selon Légifrance, son avis est rendu sous 2 mois, tacitement favorable en cas de silence. Il peut demander des pièces complémentaires (ex : justificatifs de loyer) ou rejeter le dossier si le logement est jugé insalubre ou trop petit. Une inadéquation du logement ou des revenus cause 20 % des refus.
Décision préfectorale et délais
Le préfet statue sous 6 mois après réception du dossier complet. L’absence de réponse équivaut à un refus implicite. En cas de rejet pour logement, un recours est possible sous 6 mois avec des justificatifs mis à jour. Les erreurs liées à des délais non respectés ou à des documents périmés sont fréquentes et évitables.
Erreurs fréquentes à éviter
Les causes de refus courantes :
Dossier incomplet (ex : documents d’état civil manquants ou non apostillés).
Traductions non certifiées (ex : traduction par un proche au lieu d’un professionnel).
Pièces périmées (ex : quittances de loyer de plus de 3 mois ou avis d’imposition obsolètes).
Incohérences (ressources déclarées vs justificatifs incompatibles).
Délais non respectés (ex : retards à répondre aux demandes complémentaires du maire).
Pour éviter ces erreurs, vérifiez chaque document avant envoi et optez pour des traductions certifiées. Une relecture par un conseiller de l’Ofii ou un avocat spécialisé réduit les risques de rejet.
Le regroupement familial sur place : un cas particulier
Définition et conditions spécifiques
Le regroupement familial sur place est une procédure exceptionnelle pour régulariser un conjoint ou des enfants mineurs déjà présents en France, souvent en séjour irrégulier. Contrairement au regroupement classique (famille à l’étranger), il concerne les titulaires d’un titre de séjour valide (carte de 1 an minimum ou récépissé) résidant légalement depuis 18 mois (12 mois pour les ressortissants algériens).
Les critères de ressources (SMIC mensuel variant selon la taille familiale) et de logement (superficie minimale par zone) s’appliquent. L’OFII vérifie le respect des principes de vie familiale (non-polygamie, scolarisation des enfants). La présence sur le territoire est le critère clé, avec une appréciation administrative plus rigoureuse.
Après l'arrivée en France : formalités et titres de séjour
Visite médicale obligatoire
À l’arrivée, les membres du regroupement familial doivent passer une visite médicale. Ce contrôle de l’Ofii dépiste certaines maladies. Un certificat médical est délivré, obligatoire pour obtenir un titre de séjour.
Exception : si l’Ofii est présent dans le pays d’origine, la visite peut être réalisée avant le départ. L'absence de réalisation entraîne le rejet du dossier.
Obtention des titres de séjour
Le conjoint reçoit un VLS-TS à valider en ligne en 3 mois via administration-etrangers-en-france.interieur.gouv.fr. La démarche inclut saisie des données du visa, adresse en France et paiement d’une taxe de 50 €.
Les enfants mineurs reçoivent un visa regroupement familial. Après un an, les membres de la famille obtiennent une carte de séjour "vie privée et familiale" (1 an) ou une carte de résident (10 ans) selon le titre du demandeur principal.
Demande de regroupement familial sur place : 225€ (25€ de droit de timbre + 200€ de taxe)
Entrée sans visa de long séjour : 200€ supplémentaires (dont 50€ non remboursables)
Les frais se règlent par timbres fiscaux (en ligne ou en bureau de tabac). Paiement en ligne via cartes bancaires (CB, Visa, Mastercard).
Recours en cas de refus
En cas de rejet :
Administratif : Saisir le préfet ou le ministre dans les 2 mois suivant la notification de refus.
Contentieux : Déposer une plainte au tribunal administratif dans le même délai.
Absence de décision du préfet après 6 mois = refus implicite. Un avocat spécialisé est conseillé pour les démarches complexes.
Le regroupement familial en France, réglementé par le Code de l'entrée des étrangers (Légifrance), nécessite un séjour régulier, des ressources suffisantes et un logement décent. Géré par l'Ofii et le préfet, il permet aux membres de s'installer durablement, sous conditions de titre de séjour (service-public.fr). (59 mots)
Qui peut demander le regroupement familial en France ?
Un étranger qui réside régulièrement en France depuis au moins 18 mois (12 mois pour les Algériens) avec un titre de séjour valide, des ressources stables et un logement adapté peut demander le regroupement pour son conjoint majeur et ses enfants mineurs.
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Quelles sont les conditions de ressources et de logement ?
Les revenus doivent être stables sur 12 mois et au moins équivalents au SMIC brut pour 2–3 personnes, avec un montant plus élevé pour les familles plus nombreuses. Le logement doit être salubre et d’une surface minimale (ex. 22 m² pour un couple en zone A bis/A, +10 m² par personne supplémentaire).
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Que faire en cas de refus de regroupement familial ?
En cas de refus de l’OFII ou du préfet, vous disposez de 2 mois pour former :
un recours gracieux auprès du préfet,
un recours hiérarchique auprès du ministre,
et/ou un recours contentieux devant le tribunal administratif. L’accompagnement par un avocat ou une association spécialisée est fortement recommandé.
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Sacha Setkic
Directeur Général d'EDUF, Sacha accompagne chaque année des centaines d'apprenants dans leur parcours vers la maîtrise du français et la réussite de leurs démarches administratives et professionnelles.